En septembre 2006, j’ai décidé de quitter le cabinet dans lequel je travaillais.
Les conditions n’étaient pas mauvaises, du moins pas pires que celles des autres collègues dans d’autres cabinets, mais le fait est que, de manière générale, les techniciens salariés en Espagne ne sont pas bien rémunérés, et leurs conditions de travail ne sont pas très flatteuses. Voyant le panorama, j’ai pensé que la meilleure façon d’évoluer était de monter mon propre cabinet.
De plus, j’avais deux commandes, que je réalisais jusqu’à ce moment le soir en dehors du travail, mais dont le volume augmentait et j’allais devoir me décider à les refuser ou à leur consacrer plus de temps. J’ai décidé la seconde option.
La première chose à laquelle j’ai pensé est que c’était une entreprise compliquée que je ne voulais pas affronter seul. J’ai parlé avec mon ami Carlos, publiciste, et à ce moment-là disponible car au chômage, et je lui ai posé la possibilité de monter l’affaire ensemble, chacun spécialisé dans notre secteur. Ce que nous cherchions était de monter une équipe interdisciplinaire et, pourquoi ne pas le dire, de la compagnie ;L)
Nous nous sommes mis au travail. Ensemble, nous avons pensé le nom, dessiné le logo (cela plutôt Carlos), l’image de marque, écrit le plan d’entreprise, pensé à la forme juridique, qui selon nos circonstances nous semblait devoir être une SC, etc. etc.
Néanmoins, presque au début, l’affaire s’est gâtée. Le problème fut une différence de critère concernant l’investissement. Carlos misait sur la dépense minimale, moi je pensais réellement que pour récolter il faut semer et qu’il était nécessaire d’acheter du matériel informatique de dernière génération. Ces choses et d’autres ont motivé qu’en quelques mois, Carlos décide d’abandonner le navire. Je lui ai versé sa part du matériel que nous avions acheté ensemble, j’ai abandonné son garage (pendant un temps, notre garage) et j’ai emporté le bureau sur le dos à la maison… Ce fut un divorce amical, la preuve en est la sacrée sculpture qu’il m’a offerte récemment en remémorant nos origines (l’image de l’article), mais aussi le début d’une étape dure, puisque, déjà lancé, le cabinet commençait comme je n’aurais pas voulu : seul.

