Comme je l’ai déjà commenté, l’énorme accumulation de commandes qui s’est produite dans la première moitié de 2007 m’a obligé à sortir du travail à l’extérieur.
Étant donné que les délais d’encaissement étaient longs, j’ai opté pour la sous-traitance afin de pouvoir différer une partie du paiement au moment de mon encaissement (je payais les sous-traitants 25% à la livraison du travail, 25% quand on nous donnait le feu vert au travail à la commission et 50% au moment de l’encaissement).
Néanmoins, la sous-traitance souffre d’un manque de contrôle sur le travail qui ne m’était pas confortable, car mon temps suffisait à peine pour les questions d’administration et de gestion et pour les directions de travaux, sans avoir le temps même de pouvoir corriger ce qu’on me livrait après une révision en profondeur.
Ainsi, quand les encaissements ont commencé à arriver, vers juin 2007, j’ai décidé que c’était le moment d’agrandir l’équipe.
Je dois dire que ce fut une décision dont je n’ai pas correctement évalué l’importance avant un certain temps. Le fait que quelqu’un d’autre que toi dépende économiquement du cabinet change radicalement la substance de l’entreprise. Dans les temps de prospérité, cela multiplie ton bénéfice, car quatre mains travaillent plus que deux. Par analogie, dans les mauvais temps, deux bouches mangent plus qu’une. Fondamentalement, le moment où tu prends cette décision est transcendant, car il t’oblige moralement à épargner dans les bons temps pour investir dans les mauvais.
J’ai d’abord eu en période d’essai une conductrice de travaux, qui, bien qu’étant une excellente personne et super impliquée dans le travail, n’avait pas les connaissances en DAO nécessaires pour aborder avec aisance la tâche qu’elle devait accomplir.
Plus tard, j’ai proposé au sous-traitant qui avait le mieux travaillé d’intégrer le cabinet. Nous avons formalisé un contrat de travail, mais cela n’a duré que jusqu’en septembre de cette année-là, car il a décidé que ce qu’il voulait faire de sa vie était donner des cours, et il est parti faire le CAP.
En septembre 2007, un client m’a recommandé un voisin à lui très capable, qui terminait ses études de conducteur de travaux à Grenade. Bien que l’idée ne me convainquît pas, car la conductrice de travaux que j’avais eue en essai me faisait penser qu’ils ne venaient pas très préparés en matière de dessin technique, j’ai décidé que je n’avais rien à perdre, puisqu’il s’agissait d’un accord de stage avec l’université. Antonio a intégré le cabinet cet été-là, et je dois dire que bien qu’il n’eût pas, comme je le soupçonnais, d’aisance avec AutoCAD, son acharnement compensait ses lacunes. Je me souviens quand il s’est blessé au poignet peu après avoir commencé, et, bien qu’il ne pût pas travailler, il venait au cabinet et s’asseyait à côté de moi pour voir comment j’utilisais le programme de DAO et ainsi apprendre pendant cette période d’inactivité… je crois que cette attitude dit tout. À ce jour, il garde la même disposition au travail.

